Festival du dessin d'Arles 2026

Festival du Dessin Arles

Exposition du 18 avril au 17 mai 2026, 4ème édition

Eric Cantonna, président d’honneur

Créé par Vera  Michalski (présidente du groupe éditorial Libella, fondatrice de la Fondation Jan Michalski) et de Frédéric Pajak (écrivain, dessinateur, directeur de la maison d’édition Les Cahiers dessinés)

En 2025, 159.000 entrées.

2026, tête d’affiche d’exposition collective « Viva Italia! » qui réunit la Collection Ramo et de la Fondation William Cuendet & Atelier de Saint-Prex, des noms aussi prestigieux que ceux de Piranèse, Giorgio De Chirico, Alberto Savinio, Giorgio Morandi, Lucio Fontana, et des dessinateurs contemporains comme Guido Crepax, Chiara Gaggiotti, Lorenzo Mattotti, le cinéaste Federico Fellini et des dessins de Dino Buzzati.

Une quarantaine d’expositions à travers la ville.

Billeterie à la Place de la République, Arles ; ouverte tous les jours de 9h30 à 18h. Attention : aucune vente de billets d’entrée dans les espaces d’exposition.

Tarifs Pass toutes expositions : tarif plein à 24€ / tarif réduit : 16 €

Billet pour une entrée : tarif plein 8€ / tarif réduit 5€

Le site Festival du dessin de Arles – Festival of Drawing

Le festival de dessin, c’est magique

Eric Cantona

C’est un festival dense, aux mille traits, ce qui n’est pas facile à décrire ; car il faut restituer ce qu’il reste pour en garder le meilleur.

L’objectif de cette édition 2026 réside dans le premier geste qu’est celui de dessiner, avant même d’écrire, et contient parfois le langage d’une grande œuvre, qui permet de comprendre un artiste. Depuis les années 2000, le dessin n’est plus enseigné dans les écoles d’art en France, jugé vieillot et périmé. Cela supprime d’un précieux bagage des apprentis artistes, un regard indispensable sur leur art.

Le dessin permet d’éclaircir les idées, sert d’aide-mémoire. Ce festival permet de repartir dans un bon sens.

Ce moment festif permet au spectateur, comme à l’apprenti ou l’artiste de comprendre l’original d’une esquisse, sa technique, son « aura ».

Une édition qui permet de nous conduire vers un chemin personnel précis et profond, celui de la subjectivité esthétique. Par rapport à cette compréhension, l’art brut exposé au lieu « La Croisière » donne à cet aspect sa dimension importante de l’ensemble du contenu de ces expositions.

Six représentations du dessin ont retenu mon attention :

Billeterie (point 1 du plan), place de la République

Louise Michel, grande figure de l’anarchisme témoigne de la force de création de cette femme touche à tout, qui fût une des grande figure du XIXème siècle.

La Croisière (point 2 du plan), 66 bd Emile Combe

Rez de chaussée : Philippe Katerine, Loup, Muzo, Fabien Mérelle, Ofer Josef

Premier étage : Miroslav Sekulic-Struja, Myles Hyman, Gabriella Giandelli

Premier étage, les appartements : Rosa Unda Souki ; commissaire d’exposition Alexandre Devaux.

Cathédrale de la Croisière, premier étage: Diego de Mauri, Helmut Nimczewski, Christelle Roulin ; commissaire d’exposition Otto Teichert

Qui ne connaît pas Loup, l’Arlésien, Muzo ou Ofer Josef en tant que dessinateur ?

Loup n’a jamais quitté son métier d’architecte, et nous propose des dessins d’humour construit comme des places publiques.

Muzo nous démontre une absurdité du Monde (ses instants sur le couple ou la société vaut le coup de regard qu’on peut porter sur la vie), puis l’espace d’Ofer Josef et ses clichés dessinés sur l’horreur de la violence, de la guerre et de l’oppression.

Ensuite, nous croisons l’intelligence bienveillante de Philippe Merelle, le benjamin de l’exposition, qui relate un parcours de vie de son regard sur ses proches ; pour terminer par le courant développé par Philippe Katerine « la mignonnerie » où même si le dessin est maladroit, il dit quelque chose d’humain.

Au premier étage, place à une ambiance de BD ou de script cinématographique avec les œuvres de Miroslav Sekulic-Struja, dont certains dessins me font pensé à Mardsen Hartley ou Alice Neel.

Myles Hyman laisse l’impression d’un dessinateur cinéaste, et on repense à Fellini ou Pasolini, et l’univers coloré de Gabriella Giandelli, qui s’inspire du courant pictorialiste dans le dessin. Cette illustratrice vive et percutante ouvre notre regard sur le destin plastique de Rosa Maria Suki, Vénézuélienne qui recherche ses racines espagnoles à travers des œuvres littéraires de Frederico Garcia Lorca. Sa série de dessins en hommage à « La Maison de Bernada Alba » est à contempler longuement. Ce regard impossible sur le rêve, nous emmène vers la cathédrale de la Croisière, avec le courant de l’art brut comme Diego de Mauri, un enfant qui construit par le dessin des chalets industriels et Helmut Nimczexski dit « Helmut » élaborant des univers au stylot feutre coloré des scènes de la vie quotidienne et urbaine ; ou Christelle Roulin qui accueille en Suisse des artistes en situation de handicap. En dessin, elle s’impose une routine précise : tracer au crayon les contours, puis les peindre en acrylique noire par des pinceaux fins, afin de créer des reliefs. Par la patience, elle nous démontre la beauté et la précision de l’existence de la nature et de la vie.

Palais de l’Archevêché (point 6 du plan)

Edmond Bedouin, Georges Ribemont-Dessaignes, Gérard de Palézieux, Gérard Traquandi commissaire d’exposition Nicolas Raboud.

Le fil rouge de cette exposition est un amour profond du paysage et de la nature, qui réunit ces artistes autour de la notion de l’environnement.

Gérard Traquandi a marqué mon regard sur les différentes modulations du vert dans son œuvre.

Église Sainte-Anne (point 7 du plan) « Et la vie continue… »

Les dessins de la collection Kramitz.

Artistes exposés : Christian Boltanski, Louise Bourgeois, Constantin Brancusi, Vincenzo Camuccini, Camille Corot, Henry Darger, Damien Daufresne, Jean Delville, Otto Dix, Jean Dubuffet, Bernard Dufour, Jean Fautrier, Lucian Freud, Vincenzo Gemito, Théodore Géricault, Alberto Giacometti, Léon Golub, Beatriz González, Julio González, Francisco de Goya, George Grosz, Le Guerchin, Elika Hedayat, Ferdinand Hodler, Victor Hugo, Jean-Auguste-Dominique Ingres, Tadeusz Kantor, Eugène Leroy, Man Ray, Stéphane Mandelbaum, Chris Marker, Maryan S. Maryan, André Masson, Annette Messager, Joan Miró, Óscar Muñoz, Ernest Pignon-Ernest, Arnulf Rainer, Paula Rego, Riss, Auguste Rodin, Oskar Schlemmer, Louis Soutter, Nancy Spero, Léon Spilliaert, Alina Szapocznikow, Yves Tanguy, Tomi Ungerer, Félix Vallotton, Andy Warhol.

Les commissaires d’exposition : Antoine de Galbert et Martin Karmitz.

Dans cet espace, il est mis en relief une centaine de dessins d’artistes reconnus comme Andy Warhol, Giacometti et le maître Goya.

On suit le regard de ce collectionneur d’œuvres d’art, Marin Kramitz. Il s’inscrit sur nos préoccupations contemporaines comme l’oppression, l’ambivalence, l’horreur des conflits par le monde dont les dessins les plus expressifs pour moi ayant étudié cet auteur sont les dessins de Tadeusz Kantor.

Salle Henri Comte (point 8 du plan) « Viva Italia ! »

Dino Buzzati, Guido Crepax, Lorenzo Mattoti ; commissaire d’exposition Mélania Gazzoti

En relisant certaines oeuvres de Dino Buzatti qui me replonge systématiquement dans l’univers de l’enfance et de l’adolescence méditerranéenne et à ses courants constructiviste, où les traits de l’histoire du XXème siècle sont marqués par des traits noirs dans l’œuvre de Lorenzo Mattoti.

Fondation Manuel Riviera- Ortiz (point 9 du plan)

Rez-de-chaussée : Laurence Renaux Empereur

Premier étage : Armand Avril, Christian Lhopital, Philippe Rivemale

commissaire des expositions Pavel Schmidt

Deuxième étage : Cieja Stojka, commissaires d’exposition Xavier Marchand et Noelig Le Roux

Le premier étage passe du lumineux à la couleur, au noir des profondeurs de notre société.

Armand Avril est un précurseur d’un nouveau courant esthétique que je pourrais nommer d’art tactile. Toute sa vie, il a peint en autodidacte et on peut rattacher ce travail parfois à la pensée esthétique du Douanier Rousseau ou à Séraphine.

Christian Lhopital, par sa précision du trait au stylo Bic, poursuit une œuvre en construction journalistique, comme un instantané de la beauté et des ambivalences de notre pays, la France.

Philippe Rivermale, créer par la BD de la nature morte, une atmosphère iconique et sonore par dessin interposé qui pose notre regard sur la sonorité violente de notre monde.

Ceija Stojka, la prêtresse revenue de l’enfer, témoin de la Shoah. Sa destinée fait penser à des artistes comme Olere David, Walter Spitzer, Miklos Bokor et celui qui inspire tout un tas d’artistes du spectacle vivant, Chaim Kaliski. Par la mise en perspective de l’action esthétique de Ceija Stojka, Arles fait un acte de résistance face à la montée de l’Extrême Droite dans notre région, qui doit en tant que citoyen, nous préoccuper.

L’art permet de résister.

Et par l’expression que propose Arles depuis 4 ans, de dessiner les contours de la société par la mise au regard du courant esthétique qu’est le dessin nous permet de réévaluer les perspectives de notre société occidentale.

Cette quatrième édition regroupe une quarantaine d’expositions avec de nombreuses activités, gratuites pour la plupart aux Arlésiens. À noter l’exposition des enfants des écoles primaires d’Arles « Les enfants d’Arles Expose » vernissage le 28 avril à l’Espace Van Gogh et le festival OFF du dessin, un circuit alternatif pour les dessinateurs éparpillés dans les galeries privées de la ville, une occasion d’écrire un autre article bientôt pour Activ Scène.


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *