Festival du dessin 2026 Off d'Arles du 18 avril au 17 mai 2026

Festival OFF du dessin d’Arles

Entrée libre, dans 80 lieux d’exposition

Julie Bouvard, directrice administratrice et éditoriale du festival du dessin

du 18 avril au 17 mai 2026

Site du OFF dessin et photographie d’Arles festivaloffarles.com

J’aimerai retourner à l’époque où mon seul problème était de choisir une couleur pour mon dessin

Une arlésienne

Il y a quatre ans la Kabine, association qui coordonne ce festival a créé un espace collectif, libre, en circulation. Un lieu où la photographie côtoie le dessin, et où ces deux pratiquent se croise et réinvente des formats. Avec peu de moyens, ils ont expérimenté en faisant. Peu à peu, la Kabine est devenue un réseau, une manière de comprendre ensemble l’art du dessin et de la photographie. Les festivals OFF du dessin et de la photographie, ont conçu des espaces indépendants et fédérateurs, à l’image d’Arles. Aujourd’hui, l’association soutient des pratiques émergentes, défend des formes hybrides et invente des espaces de création, engagés et ouverts à toutes et tous. Un nouveau projet voit le jour « La Kabine Mobile », un concept déambulatoire qui proposera des activités et expositions sur le dessin et la photographie. En 2026, pour cette édition du festival du dessin, 80 lieux proposent une richesse de propositions qui transforme la ville d’Arles en véritable capitale du dessin, pour un mois.

De ces 80 expositions, Activ Scène en a vu 4 dont le fil rouge a pour thème « impression »:

  • Point 21 (Galerie Aux Docks d’Arles 44, rue du Docteur Fanton) Mistral Amazonias exposition des dessins de Pepe Atocha

Pepe Atocha est péruvien, et vient de la photographie. Il vit et travaille à Tarapoto, dans la Haute-Amazonie. Son travail est accès sur l’énergie non la matière, dans l’expression de ses dessins. Pour ses dessins, il utilise des techniques de la photographie et nous propose à Arles sa vision, suite à son expérience qu’il a eue en retraite de trois semaines à l’ayahuasca avec des guérisseurs Shipibo, il décide de travailler sur le feu, une danse précise, au rythme des éléments. C’est une métaphore sur l’Amazonie, façonnée par l’homme indigène est détruit par l’homme occidental. Avec son AYAÑAWI, « L’œil du mort » en quechua, il propose cette ouverture de création autour d’un parcours rétrospectif et toujours en construction de cette espérience, mêlant des photogrammes du feu et de la lumière superposée par des dessins et photographie argentique et numérique. Son travail explore ainsi une photographie dessinée, comme un acte de révélation et nous rappelle qu’en prenant soin de la nature et de nous-même, la vie se préserve.

Point 47 (Chez Arthur et Janine 56, rue du 4 septembre) Traces : laboratoire du dessin exposition Élina Cerla – atelier d’écriture improvisée le 16 mai, rencontre avec l’artiste le 25 mai à 17 h

C’est rare de rencontrer une artiste du Langage Total, comme un Artaud, un Novarina, un Tadeusz Kantor, un Beaudelaire, un Topor, une Marguerite Yourcenar, une Françoise Sagan. Et quand on rencontre ce genre de créateur, contemporain et vivant, à deux jambes, deux bras, deux mains ; on sait déjà que cela va bouleverser notre existence, notre façon de composer notre langage, ma façon d’écrire pour vous faire comprendre ce que j’ai ressenti lors de mon entrée dans son monde.

Ce qu’Élina propose est un Ailleurs, un ailleurs composé comme une langue. Ce parcours proposé est un schéma de variété de transitions scripturales et linguistiques, avec des notions d’aire, de marge, et d’implantation de matière entre le crayon, la peinture « matière », et une autre à la base de ses dessins, dont je n’ai pas retenu le nom, un élément proche du sable et noir qui permet aux créateurs de dessin de pouvoir s’exprimer dessus. Et finalement, c’est un retour à notre corps, à ce qu’on pense de celui-ci, ou comment par la pensée, on le propose à la société et combien ce corps organique peut nous résister. Parfois, on a beau dire où faire, il est comme il respire. Nous devons composer avec lui. C’est aussi cela, son monde. Une vision de là où nous sommes, nous toutes, nous tous, elle et moi, à ce moment de la rencontre au moment où j’écris des mots pour relater mon ressenti et vous le faire partager, non pas forcément pour que vous alliez voir cette proposition, juste pour vous indiquer à combien j’ai été percuté dans le sens profond et multiple de mon être complexe qui est moi ; par rapport à vous et à elle par rapport à son œuvre. Elle évoque le lien virtuel, qui se noue de plus en plus entre nos machines, les êtres humains et la nature. Cette exposition épluche notre oignon pour débarrasser du moignon qu’est la civilisation.

Élina est une étincelle, dans le firmament du prisme plastique mondial.

Point 57 (galerie Heimat 36, rue du Docteur Fanton) Exposition Collective

Cette année, le thème de la galerie est l’hyperréalisme en dessin. Ce mouvement s’inscrit par une reproduction au millimètre près de la réalité, où les œuvres peuvent être confondues en des photographies. Ce mouvement, né dans les années 60 aux Etats-Unis, repousse la réalité en représentation artistique, remettant en question l’art de la réalité. Un des artistes ne construit ses dessins uniquement par le souvenir de ce qu’il a rencontré. La chaise en plastique qu’il nous propose est marquante par sa présence outrancière par sa banalité et son exception d’être présente par l’exigence d’un artiste.

Point 81 (Little Big Galerie 6, rue de l’Hôtel de Ville) Exposition Collective Michel Coutable, Annie Benhayoun, Rodolphe Pellicier, Valérie Boutoulaud, Nathalie Bas, Benali de Rabat et textile de Christine Millerin.

Michel Coutable travaille également sur le souvenir. De ses souvenirs de voyage, il nous propose des dessins en aquarelle, qui laisse place à la nostalgie avec une pointe parfois ironique comme dans sa figuration du port de Marseille.

Annie Benhayoun, est du milieu professionnel de l’image, connue dans son rôle de productrice dans l’audiovisuel, et propose en tant qu’artiste une superposition de sa façon de voir le monde, entre dessin et photographie.

Le travail proposé par Valérie Boutoulaud, est une autre variation composée par d’anciennes photographies qu’elle recompose en sérigraphie colorée. Ces représentations en action sont vivantes, permettent de remettre en perspective notre histoire et passé communs en couleurs sépia.

Benali de Rabat propose un travail atypique sur le souvenir et l’oubli. Dans une approche poétique et multi-supports, elle repense notre rapport au temps, aux liens que nous tissons de notre vécu et comment la mémoire prend place en façonnant notre identité marquée par l’éphémère.

Élina Cerla

Michel Coutable, dessin


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *