La part du désert

La part du désert

Texte de Christine Durif-Bruckert et Cédric Laplace (Unicité, 2023) 

Interprétation : Wianney Qolltan’

La Part du Désert, est une conversation entre la poète Christine Durif-Bruckert et le dessinateur Cédric Laplace, diagnostiqué schizophrène en 1998

Le 21 juillet à 14h, théâtre de l’Isles 80

La voix et l’interprète évoquent l’esprit et le coeur. La voix et le corps donnent une voie à l’expression du langage et ce besoin de discrétion s’entend. L’entend-on? Quand le bonheur parle, la voix de la raison faiblit. Le regard commence le mot, la voix l’achève.

Anonyme

La part du désert est un livre de conversation entre le dessinateur Cédric Laplace et le poète Christine Durif-Brucknert, l’une dans la normalité neurolinguistique, l’autre dans la psyché et la psychologie que l’on nomme « skyzophrénie ». Entre les deux, le message linguistique, imprégné de deux voix internes, celle de l’inconscient de l’une poétesse et qui distingue des formes différentes dans son dialogue questionné à Cédric Laplace qui en entend 4 formes de signes linguistiques, car, entre le signifiant et le signifié des mots, il y a la construction de l’individu en 8 sphères ( naissance, adolescence, adulte, société, appréhension de la vie en collectivité, compréhension des codes sociaux, etretenir les relations intra et extrapersonnelles) dont l’une est primordiale, celle de l’enfance.

Et au milieu de tout cela, coule la voix ou les voix du lecteur actant, digne d’un novlangui-en de chez Novarina. Wianney Qolltan’ nous tend son regard en voie de son vocable bien distinct, sur deux assises en banc public puis deux par terre, pour en arriver à une chorégraphie qui met en inconscient deux voix en quatre, qui compte vers 8.

Le souffle du derviche tourneur ou la voie d’Artaud n’est pas loin, et cette approche neurolinguistique et fictionnelle permet d’aller vers le concret d’un corps en marche que donne l’acteur-lecteur puisque tous les troubles mentaux sont kinesthésiques par l’alternance de crises dépressives et d’hypomaniaqueries. Cela affecte tout le corps et passe par les humeurs (joie, peine, frustration), et le tout s’illustre par l’illumination d’un banc public avec un être et un corps dessus, celui de son propriétaire, Wianney Qolltan’.

Un corps-machine marinettien en mouvement qui dit qui il est sans dire qu’il ne sait pas, en lisant un dialogue tout en faisant un duo à lui seul, est un joli moment de pure poésie concrète. Et ce concret poétique, on en a tout.e.s besoin un jour.

À revoir, sans complaisance.


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