Colloque SERPSY du 25 septembre 2026 Avignon théâtre des Carmes

Sauve qui peut (la vie) ? La résistance sera électrique !

Colloque de l association SERPSY le vendredi 25 septembre 2026 de 9 h à 17 h théâtre des Carmes Avignon – coordination Dominique Friard et Madeleine Esther


Le bonheur révèle de la psychiatrie

— Vincent Cespede  » Magique étude du bonheur »

SERPSY est une association certifiée Qualiopi dans la catégorie  » actions de formation  » et porte le numéro 24FOR00133.1. C’est dire le sérieux de la  » chose  » que celle d’apprendre ou s’améliorer dans un domaine particulier : celui d’être infirmier psychiatrique, assistant.e social.e, cadre dans la santé qu’on dit  » mentale « . Franchir ce pas quand on n’est pas professionnel de ce registre, on pourrait se dire qu’on ne va rien y comprendre. Et pourtant, on se comprend. C’est comme pour toute nouvelle connaissance : il faut écouter, puis saisir le sens, en prenant pour sa vie un chemin détourné, ou un tantinet qui peut nous éclairer sur le moment de notre existence dans lequel on est assis, en l’occurence un théâtre qui ne devient ni psychédélique et encore moins psychiatrique. N’en déplaise à Artaud, le taux des personnes non atteintes par la dureté de vivre s’est abstenue d’être lové dans un fauteuil d’orchestre ce jour-là, même si, à la manœuvre, tout ceci était musicalement mis en concert par des interlocutrices et interlocuteurs qui réfléchissaient à voix haute sur comment peut-on trouver sa voie entre une réalité, un vécu et une situation professionnelle imposée plus ou moins par la ou le patient.e et surtout construite par un cadre ordonné, car nous connaissons tous l’adage :  » la psychiatrie est le théâtre du soi « . Que la séance commence !

Cette journée ordinaire était agrémentée de moments extraordinaires, tout d’abord due à l’énergie des participants et des organisateurs. Cela s’est incarné par un extrait du texte d’une des coordinatrices, Madeleine Esther, un texte de théâtre écrit par sa main, témoin de son passé de comédienne et de metteuse en scène ; un théâtre écrit par une soignante dont le titre est  » J’ai retrouvé mon grand-père dans un hôpital psychiatrique  » et où le personnage principal déclame :  » – Je démissionne « . . . Non, ce n’était pas le Pérou, le rade dans lequel nous étions, et bien accueillis cela va de soi, au théâtre des Carmes. D’ailleurs, dans l’après-midi, une voix vers l’arrière de la salle a dit un texte sur l’absurdité du travail en psychiatrie qui relatait la relation travail dans la hiérarchisation administrative et financière, dans lequel se déroule l’échange entre patient et soignant. Ce texte écrit par Patrick Louge mettait bien en exergue l’immensité de la solitude où l’individu ayant une pathologie et celui qui écoute, le professionnel, peut être dans un établissement et un cadre de soins. Pourtant, il fallait bien qu’ils se la posent, ces professionnels du psychanalytique que sont les encadrants de la profession  » psychiatre « , comme nous le songeons parfois, nous, les gens lambdas : « – Quand je quitte le navire de la raison dictée par un réel, il se passe quoi ? « .

Nous étions une centaine et, par un prompt renfort de dialogue, nous sommes restés au port des Carmes jusqu’au bout. C’est dire qu’il fallait qu’ils se retrouvent, que nous nous donnions enfin ce rendez-vous pour se poser la bonne question : qui a besoin de soins d’intelligence pour tenir le cap et la péninsule qu’est devenu notre pays, la France, sur la question des anomalies mentales, qui sont juste des traits d’un système marchand pervers qui nous gouverne ?

Extrême, qui que tu sois, sors de cet écrit car le lecteur doit comprendre ce qui s’est passé ce jour-là, le 25 septembre, en décharge électrique de paroles données sur des situations dont les soi-disant anormaux sont, pour être coordonnés, entourés par du personnel qualifié qui se demande si dans tout ce micmac de hiérarchisation de tourner le professionnel bien en rond, ils n’en perdent pas leur Mémo Clinique, la bible de bonne conduite des professionnels de la santé mentale.

Comment donner du sens à tout cela, entre le dialogue qui compte les expressions  » soin / écoute / solution  » avec une personne qui a une bouffaillasse de non-réalité dites « normée ». Enfin, celle normale. Où l’individu compte comme un chiffre. La normalité, il faut toujours s’en défier. M’en méfier, what else? Méfie. La réalité de ces normés professionnels qui encadrent des personnes pathologiquement non conformes est autre. Attention, le normal se dérobe.

Journée en tournicoti-tournicotons, avec différents thèmes de tables rondes dont le fil rouge était  » l’ajustement entre la vie et son milieu ». Comme l’a inscrit Georges Canguilhem, le vivant ne peut pas se comprendre comme une machine. On y tend, à être une machine ; on nous vend un monde aseptisé de toute folie grâce aux écrans. Le moment propice pour partir, si on ne supporte plus les interactions du cadre ; qu’on soit en demande de soin comme celui qui l’applique. Ou le moment de rester sur le radeau, si on arrive à trouver un équilibre dans son existence en tant que patient professionnel et patienter, qu’il y ait des déclics de l’entourage du labeur quand on est acteur du soin. Dans ce monde sans pitié, il manque des bouées ou des phares dans cette mer ignare qu’est le monde qui se compulse. La culture a été créée pour la nature, cette dernière grâce à cela prospère et survit face à l’absurdité de notre situation d’humain par le langage, notre  » drama queen  » et notre salut.

Salut à toi, ami artiste Wianney Qolltan’ ; ayant compris par son texte épique l’enjeu de la diatribe des professionnels de la psychiatrie de notre pays ; avec ton  » In-tru-zion  » qui a continué à maintenir le propos de la matinée à savoir du partir pour comment réussir son départ au Monde qui nous lie les uns aux autres. Attendre ce départ, c’est déjà résister et débloquer des situations mentales qui semblent inextricables, puisque le sujet du moi, des nous, des vous, d’eux reste au centre de la question de l’être. Autrement, personne n’existe. Seuls, les cris restent.

Partir ou rester, c’est mourir un peu ? Telle serait la question, qu’on soit patient.e ou soignant.e. L’attentisme est une cure pour aider son propre inconscient à apprendre le temps de résister par une préparation en friche qui n’est pas encore dite et qui va être entendue, cela va de soi, par un collectif qui peut être une personne à plusieurs indvidus. Être philosophe de son choix n’est pas une chose aisée de dire et pourtant, il faut bien le désir de renoncer pour reprendre le plaisir de faire. Vous reprendrez bien une part de Lacan ? Baladons-nous au travers de nos travers, traversons ensemble les doutes pour en faire un continent d’objets qu’on pourra saisir ensemble pour cohabiter avec nos névrotiques neurones de névroses. Laissons le mot faire, et le style dire, pour appliquer la normalité de l’autre, entre folie et raison en chasse gardée. Tel serait le secret du bon soignant, du peu que j’ai compris de cette journée en parcours d’oriflammes d’intelligences au service de l’autre, ce que doit être une vraie façon de procéder en psychiatrie, si on leur accorde une bienveillance dans leur profession.

Que reste-t-il de cette journée ? Tous les jours, remettre en question son positionnement, lorsque nous sommes dans les rouages de la psychiatrie. Résister à l’économie du marché pour compenser le déficit des accueils professionnels, ne pas courir après l’artificiel intelligence des écrans et recourir à un professionnel quand on est patient.e soutenir les professionnels de la psychiatrie dans leur lutte pour être des archéologues de la psychée et revenir vers les autres avec un « nous » de société collectif et intelligent et éviter la disparition pure et simple du diplôme « infirmier psy » et tisser des liens, intra et extra-professionnel, comme le fait cette association. D’ailleurs, le prix SERPSY sera mis en place en 2027, c’est un prix qui encourage la rédaction d’articles scientifiques écrits par des acteurs de la vie professionnelle en psychiatrie. Le règlement de ce prix sera bientôt en ligne sur le site de l’association.

Si vous avez envie d’être et encore d’être par le sujet, rejoignez l’association ; c’est une action sociétale incontournable du bien-vivre ensemble avec dans son équipage des êtres qui ont foi dans leur métier de l’écoute, du dire et du mot.

Pour les contacter serpsy2018@gmail.com

Le site Soins Etudes et Recherches en PSYchiatrie – Espace de réflexion et d’échange autour de la relation soignant / soigné.

Le prix SERPSY 2027 : règlement intérieur pour y participer, en cours de construction.

Texte de Madeleine Esther

Esther M., J’ai retrouvé mon grand-père à l’hôpital psychiatrique


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