Une exposition photographik de Michel Akrich à la Manufacture
Rue des escaliers Sainte-Anne d’Avignon du 10 au 28 septembre 2026
Tous les jours de 9 h à 18 h.
Nous vivons dans une société qui valorise la précision, mais qui s’accommode d’une démocratie floue.
Jean Dion
Parfois, on n’a envie de rien. Pas même d’un cappuccino en terrasse, c’est dire. Et du bleu, parbleu, ça peut remettre sur pied un cerveau biaisé par une semaine occupée par des préoccupations qui font du passé un présent pour en faire un futur meilleur. Si on franchit le seuil de cette exposition, vous serez happé par un triptyque de photographies d’un bleu qui saura évoquer quelque chose en vous, peut-être d’une autre couleur. Et, au fur et à mesure que le parcours se déroule, vous ne subirez pas un flou d’incompréhension du genre : « Mais il est fou, ce type qui fait des photos floues. » Au contraire, vous vous direz que cela vous évoque des séquences de vos vies en photomaton, fixes dans votre expérience de vie. C’est ce qu’on appelle, si on s’intéresse à la photo, l’art de la photo dynamique.
L’art de la photo dynamique, c’est exceller dans son flou. Un exemple, quand on prend un vieux polaroid en main. On peut en sortir avec des photos plus ou moins précises ; parce qu’on a bougé d’un poil ou bousculé par un proche. Et cela, fait des photos formidables. Car on a capté une essence d’une situation qu’on aurait passée à côté si on avait eu un trépied. L’art de Michel Akrich réside dans cet infiniment petit savoir être et faire, qui créé des instants fixes qui nous permet à nous, spectateurs, d’accrocher un autre souvenir qui nous ramène à notre destin. L’esprit de cette exposition est celui-ci : vive le flou, pour comprendre le Monde.
Dans son dossier de presse, l’artiste l’annonce : » – Le flou n’est pas une erreur, ni un défaut, ni même une concession. Il est un choix, une position, un langage. » Comme Artaud et son rêve du théâtre absolu, Michel Akrich alphabétise le flou comme liberté artistique, un ancrage et un positionnement dans notre société où on souhaite tout en précision chirurgicale, qui créé forcément du communautarisme, des oppositions et des divergences afin de nous diriger vers une unique pensée qui peut nous balancer vers des situations obscurantistes d’une démocratie qui n’en est plus une.
Par cette exposition, on peut se sentir revenir vers l’expressionnisme du flou, qui imite par la vision humaine et les phénomènes atmosphériques. Ainsi, notre monde intérieur se précise ; suggérant soit une émotion brute soit un étatique état. Ce flou trouble notre regard, qui ne devient plus une question de spécialiste de la peinture et bien une préoccupation de médiums artistiques comme le cinéma ou la vidéo. Le flou tient son vocabulaire par la peinture, qui ressort dans ce travail, par la photographie. Ensuite, ce flou, se transformera dans le courant impressionniste, en termes de « vague » ou de « confus » ; qui emmènera forcément à une imprécision du regard. C’est alors un état subjectif.
Ne comprendre rien à cette exposition au niveau cognitif, il n’y a pas à se raconter d’histoire. Ou si vous vous en contez une, ce sera comme quand on souffle sur un dandelion, une de vos porosités partira d’un réel qui vous appartient. Michel Akrich nous contraint alors à ralentir, à laisser notre intellectuel au vestiaire, pour comprendre autrement ce qui se passe à l’instant de ce langage iconique. Accepter cet inconfort, en tant que spectateur, c’est aller vers une inconscience conscience de son moi plus ou moins profond.
Avant de gravir les escaliers Sainte-Anne, franchissez la porte de cette exposition. Elle sera une expansion de votre instant d’existence suspendu par une couleur ou un mouvement, par cette méditation du bleu, le symbole de de la maturité. Cette exposition sera visible après le 29 septembre, au café Baretta Avignon.
Site
Courriel akrich.photos@gmail.com





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