Dans cette compétition cinématographique qu’est le festival de Cannes, en 2026, 5 films portés par des femmes ont été présenté. Depuis 2024, la part des films réalisés par des femmes est en baisse, tombée à 24%. Pourquoi ce phénomène? Dans cet article, quelques pistes de réflexions.

En 2025, deux collectifs le Lab Femmes du Cinéma et le Collectif 50/50, soutenus par les regroupements de réflexions féministes, avaient lancé une tribune pour lutter contre le retour en arrière global contre la parité, l’égalité et la diversité. Des contenus sont écartés car jugés trop inclusif, où les décisionnaires demandent de réduire un récit fort en neutralité.
Au risque de ce non-dit insidieux, alimenté par les nouvelles technologies, porté par les plateformes et les algorithmes qui cherchent à une normalisation de la création. On le sait tout.e.s : le cinéma ne fonctionne pas ainsi, la diversité de discours est la condition pour développer un discours artistique fort. Il ne faut pas renoncer à l’ouverture de l’esprit par le septième art, en Europe, un réalisateur sur quatre est une femme.
Ce combat n’est pas qu’une histoire de chiffres. Il participe à la construction de notre société occidentale, promouvoir et encourager la parité et la mixité permet d’avoir un développement créatif plus ample dans le 7e art. La progression des films au féminin reste très lent ; à ce rythme, la parité sera atteinte en 2060.
La persistance du stéréotype dans ce milieu demeure, par un mécanisme d’exclusion structurel. En outre, il peut y avoir des discriminations non seulement sur le genre, et aussi des oppressions liées sur les origines, l’identité, le physique, le mental. Pour contourner cette caricature d’un cinéma genré, il faut mettre en place une dynamique structurelle précise et ouverte aux autres. À la sortie des écoles de cinéma, la moitié des diplômés sont des femmes. Cependant, au fil des années, cette promotion disparaît au profit des hommes. Heureusement, la remise des prix de la compétition officielle 2026 du festival de Cannes permet d’avoir quelques espoirs sur la progression d’une autre idéologie qu’est celle imposée par le système actuel, à savoir une caricature de la « femme parfaite » à l’écoute et bienveillante.
Cette année, la parité n’a pas été annoncée dans les remises d’information lors de la cérémonie finale du festival de Cannes. Cette édition montre des signes d’équilibre dans le jury par la présence de grandes actrices et réalisatrices et les récompenses, en ce qui concerne les prix
partagés, prix d’interprétation féminine ex æquo à Virginie Efira et Tao Okamoto pour Soudain de Ryūsuke Hamaguchi. Le prix d’interprétation masculine a été attribué à Emmanuel Macchia et Valentin Campagne pour Coward, une histoire d’amour dans le conflit de la Première Guerre Mondiale.
A noter les prix attribués à Valeska Grisebach, prix du jury pour L’aventure rêvée, Emmanuelle Marre prix du scénario pour Notre salut et Marie-Clémentine Dusabejambo qui obtient la Caméra d’or pour Ben’imana.
Espérons que l’année prochaine, on dépasse les 24 % de création féminine dans le cinéma dans le cadre de la sélection prestigieuse qu’est le festival de Cannes.
Pour information, voici le site Le Lab « Femmes de Cinéma » qui m’a aidé à écrire ce court article.
Le Lab « Femmes de cinéma » – Association Révélations culturelles

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