Etape de travail de 40 mns, le dimanche 23 novembre à 14h

Dans le cadre du festival « Ceci n’est pas un festival » théâtre Episcène Avignon du 13 au 29 novembre 2025.

Auteur : Olivia Van Wylick

Suivi d’écriture : Thomas Depryck

Mise en scène : Manon Capelle

Interprètes : Olivia Van Wylick, Manon Capelle et Monique Schlusselberg (voix enregistrée)

Regard extérieur : Lila Leloup, Anne Pascale Clairembourg

Régie son : Clément Vandeneynde

Bruitage son : Lucas Konstantinidis

Avec le soutien de l’IAD

Faut voir ce que le mot famille signifie dans l’étymologie ! Ca vient du mot latin familia et ça égale exactement ceci : ensemble des esclaves de la maison.

France Vézina

La maison et la famille sont des thèmes qui touchent tout être humain, de sa naissance jusqu’à la fin la mort. Dans une existence, il y a plusieurs maisons et celle qui compte sûrement le plus c’est celle où on a grandi. La famille, c’est parfois s’habituer à de la solitude, coincé entre la figure parentale ou la fratrie, entre le visage des enfants et son couple qui se transforme au fil du temps.

La thématique de la famille dans une maison est profondément ancrée dans la société. C’est la notion de base de toute société, considérée comme un espace de soutien et de refuge. Pourtant, en fonction des parcours des uns ou des autres qui constituent une cellule familiale, cela peut sonner faux. Aujourd’hui, la famille devient un lieu d’épanouissement personnel qui est privilégié, peut-on vivre en collectif en s’épanouissant individuellement ? La question est soulevée dans ce positionnement de spectacle. On peut faire référence alors à François Vaillant, philosophe ayant travaillé sur ces notions, venir au monde dans une famille, c’est d’abord trouver sa place au sein d’une maison. Cette réflexion de la place dans un foyer est le pari risqué pris par ces deux jeunes femmes sur scène, pour en faire une réflexion plus approfondie que ce abordée déjà dans les thérapies familiales ou dans la littérature proposée sur ces sujets.

Cette approche est empirique. À partir de l’expérience de l’autrice et du vécu de l’expérience de sa place au sein d’une maison, nous interroge sur l’éclairage de notre propre rôle au sein de notre famille. Les grandes histoires familiales que nous connaissons en occident débutent dans la civilisation grecque, en nous racontant l’histoire de Gaïa et de sa progéniture. De ce terrain, se développent les fils qui construisent les notions de foyer, maison, maisonnée, foyer et famille. La première histoire qu’on se raconte, c’est celle de notre place dans la famille et son contexte. La maison est le cadre matériel, le premier terreau de notre histoire, c’est le foyer, qui renvoie à un sens plus élargi celui de la famille, à l’espace affectif et à ce que cela dégage en sentiments et en émotions.

Si la maison est un contexte matériel, le foyer comprend tout ce qui vit ; animaux compris. La famille, pour sa part, désigne le lien de parenté qui unit les habitants d’un même toit.

La maison évoque le bruit et la lourdeur des non-dits, la dureté des conflits, les rivalités entre fratries. C’est tout cela, une maison. La demeure réside dans la capacité de construire et trace les limites du dedans et du dehors ; qui pose la détermination de l’identité ? La maison résume un regroupement des valeurs, des forces et des difficultés familiales. Il y a un rapport au temps et à l’espace entre famille et maison, et tout l’enjeu du déterminisme individuel se joue dans le temps chronologique qui s’écoule dans ces deux dimensions foyer et maison.

Cet objet nommé maison évoque un endroit défini, déterminé voir même immobile et va être bringuebalée dans son environnement familial en fonction du symbolique social, imaginaire et matériel. Sa place au sen de ces trois dimensions (famille, maison, foyer) est mouvante, où on doit évoluer sans cesse.

Le foyer est donc nos premières fois au niveau sociologique comme expérience sensorielle. C’est l’apprentissage d’une danse entre-soi et les autres, qui sera l’ancrage de notre destinée sociale. Les autres membres du foyer permettent l’identification par le mimétisme, ceux qui représentent la famille qui ne vit pas sous le même toit, se confrontent à soi dans un degré qui côtoie la différence et l’indifférence ce qu’on nomme l’altérité.

Dans une maison, on ne peut pas de défaire des objets liés au foyer. Ces objets représentent l’identité des occupants, et ont un rapport étroit avec ce que représente l’individu, l’ordre, le désordre, l’évolution et son équilibre. Le lien que constituent ces objets esquisse un fil d’Ariane du mythe familial, qui se brise forcément par la vie qui s’écoule inexorablement. Ces objets nous accompagnent, tel que les cailloux du Petit Poucet, dans la construction de notre destinée. Ces objets bornent le temps familial, et se transforment en éclaireur familial et racontent sur sa place au sein de la société.

Ce spectacle explore la place de l’humain dans son foyer, dans sa dimension réelle et symbolique, représente les relations, enfants et parents, enfants et couple, couple et personne. Explorer cette notion de place est osé au sein du théâtre contemporain devenu individualiste. De ce redéploiement de l’espace scénique, il peut faire émerger d’autres débats sur ces notions, d’autres façons de dire sur scène la notion de famille. Tchekhov n’est donc pas mort. Le niveau mythique des termes de croyances qui tissent le théâtre la peinture de fond où s’expriment les peurs et les motivations permettent de façonner une vision de la société. Et cette compagnie nous fait entrevoir tout cela, si ce spectacle passe chez vous, allez-y en famille. Cela vous liera au monde et vous rendra meilleur.


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