Festival d’Avignon du 4 au 10 juillet à 22 h , théâtre de l’Incongru.
Public : Adulte uniquement à partir de 16 ans
De et par Jann Halexander
Jann Halexander – Mise en scène
Charlotte Grenat – Interprétation
Jann Halexander – Interprétation
M. Indy – Interprétation
J’étais un vampire dans un sens.
Mort à crédit de Louis-Ferdinand Céline
C’était un soir de foot, c’était un soir d’oubli, où l’on a envie, en ces chaudes soirées festivalières, de rencontrer une écriture d’ailleurs accompagnée d’une partition originale, et de rencontrer un vampire. On se fait tout.e.s une idée bien différente de la réalité de cette salle, car le type qui apparaît en face de nous sur scène nous semble bien sympathique. Un grand jeune homme surgit des coulisses, à la prestance soignée se met à raconter les chutes de sa vie, avec son piano droit pour illustrer son propos textuel, qu’il utilise en touches parcimoniquees tout au long de cette écoute de vie d’une heure.
Ce parcours, il le raconte à travers une histoire d’amour, une de ces histoires où l’un des deux aime trop (ou pas assez) l’autre, qui laisse des traces de ce pouvoir d’aimer qu’il en devient liquide, il se transforme en sang. À un moment donné de cette rencontre particulière d’un vampire et non des moindres Dracula, et ce jeune homme frêle nommé Prétorius, serveur à l’hôtel Transylvania, un de ces lieux prestigieux pour hommes qui s’ennuient, et dans son attitude costaude joueur de piano en milieu hostile, qui espère une vie meilleure en dehors d’une Afrique du Sud encombrée par l’Apartheid.
Cet amour métaphorique transcende l’histoire de ce territoire, cette Afrique du Sud qui fût encombré par l’Apartheid, avec des situations ubuesques comme d’avoir des passeports de blanc quand on est métis ou noir, pour confronter les blancs dans un confort de vie et obtenir ainsi un travail.
Ce regard implacable sur notre société imaginé par un auteur franco-gabonais, avec son écriture où il y aurait des vampires qui nous gouvernent, et celles et ceux choisi par ces derniers pour devenir leurs semblables, comme cela arrive à son héros Prétrorius où Dracula le séduit, le prend et le croque, il devient un semblable prédateur pour la société ; métaphore de notre vie passée dans un capitalisme qui semble facile d’accès (du moins, si on prend comme exemple les réseaux sociaux) où pour devenir riche, il faut être capable de sucer le sang des gens par leur capital.
Prétorius devient un vampire pragmatique, concret, qui accepte sa solitude au fur et à mesure que le temps passe, où l’espoir s’effrite d’être avec son homme pointu et sombre de vampire, Dracula, lui cesse de s’échapper. Comme ce continent, là où il a vécu, la ségrégation raciale dans sa bestialité concrète et son nouvel état de croc le sauve des crocs de cette politique dictatoriale et nauséabonde.
Il faut trouver son vampire en soi pour accoucher d’être soi, et c’est par cet adage que ce spectacle se termine, plein d’espoir, afin de nous connecter toutes et tous à notre moi profond, en adéquation avec nos valeurs que nous donnons à la société afin que cette dernière progresse à un bien-être en soi.
Ce spectacle est repris à Paris, le 7 août prochain, au théâtre de l’Île Saint-Louis.




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