Festival d’Avignon, Espace Alya du 4 au 25 juillet 2026
Ecriture & Mise en Scène Frédéric Barriera
François Bartier – Interprétation
Carl Bergerard – Interprétation
Emma Debroise – Interprétation
Carl Bergerard – Création lumière
Thorsten Bloedhorn – Musique
Christèle Lefebvre – Costumes
Christèle Lefebvre – Scénographie
Léna Texier – création son & régie
La liberté, c’est la sécurité, la sécurité c’est la surveillance, donc la liberté c’est la surveillance.
Jean Christophe Rufin, Globalia (2005)
Ce spectacle est une confrontation entre qui on est, qui on peut être, qui on va être dans une société où le bien-vivre et la sécurité idéologique est de mise.
Toute œuvre littéraire ou issue du spectacle vivant est une implication systémique entre deux forces, en l’occurrence entre conscience et obéissance dans cette proposition d’art du spectacle vivant. L’enjeu textuel est là, à travers ce fait historique de 2 jeunes à la veille d’un été de 1964 en Allemagne, où l’un choisit délibérément, parce qu’il est issu d’une communauté de société d’en sacrifier un autre au nom de la société à laquelle il appartient pour ensuite, apprendre à la fuir.
Comment obéit-on ? Nous nous soumettons tout.e.s à une autorité en règle, dont le concept central dans cette écriture et dans nos vies se rapporte à un accord volontaire et conscient d’une action et d’une autorité ; qui se décompose en plusieurs actes comme en souligne l’écriture et la mise en scène de Frédéric Barriera, servit par sa distribution d’acteurs. D’abord, le stoïcisme prend sa place solaire au premier acte de la pièce. Ce sunkatathesis (du grec συγκατάθεσις) marque le moment d’un individu qui accepte sans sourciller une proposition qui aliène son individualité et l’emmène vers une soumission. Ensuite, apparaît l’acte du keton contre le hakon (le monstre et son imitation) suivant le sens aristotélicien du terme, et l’acte d’obéissance s’analyse bien après l’action. Enfin, le désir de Platon qui entraîne une désobéissance vers l’objet de l’apaisement, venant bien trop tard, d’où le drame de la mort physique et entité sociale.
Les trois comédiens incarnent le mécanisme de l’obéissance philosophique du terme : l’adulte la sunkatathetis, le jeune soldat le keton et le hako, enfin l’objet du désir par la sœur du jeune soldat qui choisit comme symbolique de l’instrument capitaliste, de jolis escarpins roses à talons hauts et peignoir en soi.
Cela va sur soi, FrontièreS devrait être un théâtre-forum, joué par des acteurs improvisateurs. Dommage que ce ne soit pas le format festivalier, car cela aurait donné un jeu différent, d’oppression et d’opprimé entre contrainte et soumission. Sous prétexte d’un fait historique, ce spectacle soulève la dualité de la vie. À voir comme une leçon de catharsis, au sens grec du terme « une purification du bon et du mauvais » (κάθαρσις) à l’égard des passions.




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